vendredi 3 novembre 2017

Notre sélection Sciences Humaines

Quand Tariq Ali, intellectuel marxiste de réputation internationale et militant très engagé lors des conflits postcoloniaux (il a inspiré aux Rolling Stones leur chanson Street Fighting Man), entreprend d’écrire sur Lénine, le livre qui en résulte n’a rien d’une biographie de circonstance.
S’il ne manque pas de souligner les épisodes qui, dans la vie de Vladimir Oulianov, ont influé sur son action – et en premier lieu le traumatisme suscité par la pendaison de son frère aîné sur ordre du tsar en 1887 –, il propose également une relecture approfondie de ses textes et une analyse des conditions qui ont rendu possible son accession au pouvoir.
Tariq Ali introduit ainsi son essai par une passionnante histoire de l’anarchisme, du marxisme, des mouvements d’émancipation en Europe et bien au-delà. Sans cette plongée dans le passé, estime-t-il, on saisit mal les dilemmes de Lénine.

Les Dilemmes de Lénine, de Tariq Ali, éd. Sabine Wespieser, 25€



Depuis l'Iliade jusqu'à Pompée et ses expéditions militaires en Orient, en passant par Alexandre le Grand, les mythiques Amazones ont toujours fasciné les Grecs, puis les Romains : des guerrières qui rivalisaient avec les héros grecs par leur courage et leurs prouesses militaires, mais qui ressemblaient aussi aux Barbares. La légende disait qu'elles se coupaient le sein gauche pour tirer à l'arc et qu'elles se débarrassaient de leurs enfants mâles.
Mais les Amazones sont-elles seulement un mythe, un fantasme terrifiant inventé par les Grecs et les Romains ? Que peuvent-elles nous apprendre sur la réalité des civilisations avec lesquelles les Grecs étaient en relations commerciales ou guerrières ? Dans ce livre qui fera date, Adrienne Mayor révèle que les Amazones trouvent leur origine dans la réalité historique et met à bas le mythe selon lequel il n'y aurait jamais eu de femmes guerrières. 

Les Amazones : quand les femmes étaient les égales des hommes, d'Adrienne Mator, éd. La Découverte, 25€



Du froid silence abyssal montent des claquements secs et rythmés : ce sont les cachalots qui chassent dans la nuit perpétuelle des grands fonds. Ils sont chez eux, là où aucun homme ne nagera jamais. De leur vie dans les profondeurs, nous ne connaissons que ces sons cadencés qui bercent notre imagination emplie de légendes. Qui sont ces titans dont les organes sensoriels perçoivent ce que nos sens infirmes ignorent ? Équipes comme des cosmonautes avec nos scaphandres de plongée, nous nous autorisons une incursion de quelques minutes à la frontière du territoire des descendants de Moby Dick.
Immobiles à 10 mètres de profondeur, nous flottons dans l'épaisseur liquide, prêts à patienter une heure que le cachalot remonte aux confins de notre monde... 

Le Retour de Moby Dick, de François Sarano, éd. Actes Sud, 23€



Chaque jour, en moyenne, près de sept enfants ou adolescents meurent par balle aux États-Unis. Il s'agit d'une statistique glaçante qui ne peut rendre-compte à elle-seule des vies détruites par les armes à feu.
Afin de redonner un visage aux victimes, Gary Younge a décidé de raconter le destin de ces jeunes gens tués au cours d'une journée choisie au hasard, le 23 novembre 2013. Ils sont dix à être abattus ce jour-là, dix enfants et adolescents âgés de 9 à 19 ans : sept noirs, deux hispaniques, un blanc.
En recoupant les entretiens qu'il a menés avec leurs proches, les rapports de police, du "911" et des journalistes locaux, Gary Younge nous raconte l'histoire de Jaiden, Kenneth, Stanley, Pedro, Tyler, Edwin, Samule, Tyshon, Gary et Gustin, victimes de leur condition sociale, de la négligence des adultes et des lobbys...

Une Journée dans la mort de l’Amérique, de Gary Younge, éd. Grasset, 22€

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