lundi 27 mai 2013

Le Livre et la Tortue au Salon Du Livre 2013





Préparés tels des coureurs de fond pour cette édition 2013 du Salon Du Livre et munis de cartes de visite, d'affiches et de sandwiches (on vous assure que c'est sport le Salon et ce n'est pas le moment de tomber d'inanition!), nous nous engouffrons dès vendredi matin dans le grand hall n°1.

Après un premier tour de repérage effectué, nous nous lançons dans une grande opération "communication" et le premier à en faire les frais n'est autre qu'Eduardo Mendoza, le célèbre écrivain espagnol, auteur notamment de La ville des prodiges, Sans nouvelles de Gurb et dernièrement La grande embrouille.
On ne s'attarde pas car, mine de rien, on est un peu impressionnés et notre espagnol n'est vraiment pas au top! Cela dit, on est assez fiers, c'est le premier auteur à inaugurer notre affiche.



Nous nous dirigeons ensuite vers le stand des éditions Le Passage dans le but de rencontrer Carole Fives, une auteur française que nous avons découvert avec Que nos vies aient l'air d'un film parfait. Mission réussie!



Nous poursuivons notre périple au stand Albin Michel où se trouve Jean-Michel Guenassia. Il est l'auteur d'un des cartons de la rentrée littéraire 2009 avec Le Club des incorrigibles optimistes (Goncourt des lycéens) et vient de publier La vie rêvée d'Ernesto G. Sans hésiter, il se prête au jeu de la photo pour notre plus grand bonheur!



Après une petite pause déjeuner bien méritée, direction les éditions Au Diable Vauvert. Nous avons hâte d'y rencontrer Régis de Sa Moreira, l'auteur de Le Libraire, Mari et femme et plus récemment La Vie. Et là,   c'est le combo, deux affiches pour le prix d'une et la preuve en image que nous sommes tenus de l'inviter au Livre et la Tortue (mince alors!)



On ne change pas de quartier puisque quelques mètres plus loin se trouve Nicolas Rey, chroniqueur radio et écrivain à succès, auteur (entre autres) d'Un léger passage à vide et de L'amour est déclaré

          


Place à la bande-dessinée avec Valérie Mangin au stand Dupuis: scénariste du premier tome d'Alix senator et du formidable tryptique Abymes.



On continue dans la BD avec cette photo de José-Luis Munuera. Et là, nous devons vous dire que c'est au péril de nos vies que nous avons pu rencontrer le dessinateur espagnol (Spirou et Fantasio Fraternity, Le signe de la lune, Sortilèges...), le fan de BD pouvant parfois se montrer hargneux... Mais avouez, ça valait le coup, hein?!




Dernière étape de cette première journée, il se fait tard, les jambes sont lourdes mais ce n'est pas le moment d'abandonner car au stand des éditions Actes Sud, nous attend le lauréat du prix Goncourt 2004, Laurent Gaudé (bon visiblement, il n'attend pas que nous mais comme on n'est pas jaloux, on veut bien partager!).
L'auteur de La Mort du roi Tsongor (Prix Goncourt des lycéens 2002, Prix des libraires 2003), Le Soleil des Scorta (Prix Goncourt 2004), Ouragan, Pour seul cortège... nous accueille chaleureusement et nous encourage comme tous les auteurs, dessinateurs et scénaristes rencontrés l'ont fait auparavant dans la journée et on peut vous dire que ça fait chaud au coeur!



La nuit est tombée, il est temps de quitter le Salon et de reposer nos petits pieds ampoulés. Une grosse journée nous attend demain!


Samedi, Le Livre et la Tortue est fidèle au poste! C'est la fin de matinée et les allées sont déjà très chargées, nous nous faufilons jusqu'au stand des éditions Mercure de France pour rencontrer Gwenaëlle Aubry. Nous passons un très joli moment avec l'auteur des romans L'isolée, Personne, Partages... Et c'est reparti pour une petite séance photo!



Gaëlle Josse est en dédicace au stand des éditions Autrement, ni une ni deux nous nous rendons en N74 (le Salon du Livre c'est un peu comme la bataille navale). Aficionados de la première heure (Les heures silencieuses, Nos vies désaccordées), nous en profitons pour nous faire dédicacer son dernier roman Noces de neige.



Nous attendons la rencontre avec Jean-Baptiste Del Amo lorsque quelqu'un nous alpague au milieu d'une allée "C'est vous la Tortue?!", le début de la gloire! Le temps d'échanger quelques mots et c'est notre tour.
L'auteur, notamment, d'Une éducation libertine , du roman Le sel et tout dernièrement de Pornographia se prête avec plaisir au jeu de la signature et de la photo.



C'est l'heure d'une petite pause déjeuner. En fond sonore, Amélie Nothomb parle de champagne, nous, on reste à l'eau, il faut garder les idées claires car la journée est loin d'être terminée.

Sur le stand Belfond, c'est le grand sourire de Nadine Monfils qui nous accueille. La scénariste et auteur belge de romans policiers (Les vacances d'un serial killer, La Petite Fêlée aux allumettes, La Vieille qui voulait tuer le bon dieu...) signe l'affiche d'un petit dessin, le premier!



Vient le moment de se séparer pour optimiser le temps. Pendant que l'un fait la queue dans une très longue file d'attente (mais pour voir qui?! Suspense), l'autre se rend au stand des éditions Stock pour glaner une petite signature de Blandine Le Callet (Une pièce montée, La Ballade de Lila K...) et en profite pour se faire dédicacer son dernier livre, un recueil de nouvelles intitulé Dix rêves de pierre.



Il continue son périple, seul, à la rencontre de Gilles Leroy, lauréat du Prix Goncourt 2007 pour son roman Alabama Song et découvre son nouveau livre Nina Simone. Et hop une photo collector de plus!



Pendant ce temps, la file d'attente progresse, il devient urgent de rassembler les troupes. Après 45 minutes d'attente, nous voilà devant Delphine de Vigan. Nous dégainons les affiches, les gens sont intrigués, prennent des photos, l'ambiance est très sympathique. Nous échangeons quelques mots avec l'auteur de Jours sans faim, No et moi, Les Heures souterraines et du "multi-primé" Rien ne s'oppose à la nuit. Elle nous adresse ses encouragements et nous félicite. Un moment fort de ce Salon 2013! 



Il se fait tard, l'heure pour nous de regagner le métro. Dimanche, nous ne serons pas là, une autre aventure nous attend: le déménagement d'une librairie! 


Lundi matin, ankylosés, courbaturés, nous avons perdu de notre superbe mais le Salon du Livre nous réserve encore quelques surprises! C'est la matinée professionnelle, les allées sont dégagées, pas de bousculade à l'horizon, le calme avant la tempête et l'arrivée des bus scolaires!

Albin Michel organise des séances de dédicaces pour les professionnels. C'est à cette occasion que nous avons la chance de rencontrer Didier Van Cauwelaert (L'éducation d'une fée, Le journal intime d'un arbre...) et de se faire dédicacer son nouveau roman La femme de nos vies. Comme on aime bien pousser le bouchon, nous réclamons (poliment) une petite signature sur l'affiche ainsi qu'une photo.



Quelques mètres plus loin, Joann Sfar (qu'on ne vous présente plus, Le Chat du Rabbin, Petit Vampire, Sardine de l'Espace, tout ça, tout ça) dédicace son premier roman, L'éternel, qui paraîtra le 2 avril prochain. En avant-première, nous avons le droit d'en obtenir une version dédicacée avec dessin à la demande (un chat vampire et un petit prince): la classe! Et comme on est super sympa, on a même le droit à une dédicace personnalisée sur l'affiche, une petite tortue qui porte un livre sur son dos (collector)!



Nous achevons cette matinée par un petit détour sur le stand Grasset où nous rencontrons Claire Castillon (On n'empêche pas un petit coeur d'aimer, Les bulles, Les merveilles...) qui dédicace son recueil de nouvelles Les couples (à paraître le 3 avril). 



Un dernier arrêt sur les stands des éditeurs Payot & Rivages et Actes Sud nous permettent de nous délester de quelques pièces et voilà le Salon du livre, c'est fini pour nous cette année!



Nous tenons à remercier tous les auteurs, dessinateurs et scénaristes qui se sont prêtés au jeu. Merci pour votre accueil chaleureux, votre disponibilité et votre sens de l'humour. Merci pour vos encouragements et vos compliments. On ne manquera pas de vous embêter à nouveau quand l'occasion se présentera!

A ceux que nous n'avons pas eu la chance de croiser cette année, souvent par manque de temps: Jean Teulé, Tonino Benacquista, Martin Winckler, Christophe Blain, Marc-Antoine Mathieu, Luis Sepulveda, Grégoire Delacourt, Fabrice Humbert, Fatou Diome, Amin Maalouf, Annie Ernaux, Claude Ponti, Mathias Enard, Nancy Huston, ne vous inquiétez pas, on reviendra l'année prochaine!




La disparition de Jim Sullivan de Tanguy Viel


C'est dans un style très particulier que Tanguy Viel nous livre La disparition de Jim Sullivan. Il n'écrit pas un roman à proprement parler, mais raconte comment il en écrit un. Et pas n'importe quel roman, un roman américain!

Cela semble peut-être confus au premier abord... peut-être même au second... mais en vérité c'est très simple. Tanguy Viel nous explique que la littérature américaine surclasse les autres car elle a le don de parler à tous. Dès lors, il nous montre qu'écrire un roman américain est très simple. Il utilise une bonne dose de clichés, nous explique les règles narratives qu'il va employer, sans toutefois les développer, tout en avançant dans son histoire.

Quand on lit La disparition de Jim Sullivan, on a l'impression que c'est d'une simplicité déconcertante et que l'on pourrait nous aussi écrire un tel roman. Bien entendu et malheureusement pour nous, cela n'est qu'une impression car c'est bien le talent de Tanguy Viel qui rend cela possible.

A la fin de cette lecture, une question nous taraude : Et si Tanguy Viel avait réellement écrit un roman américain sous pseudonyme, celui-ci serait-il devenu un best-seller ?

La disparition de Jim Sullivan de Tanguy Viel aux Editions de Minuit, 14€.

dimanche 26 mai 2013

La boîte noire et autres nouvelles de Tonino Benacquista


La nouvelle est au roman ce que le court-métrage est au cinéma, c'est un art difficile où il faut embarquer le lecteur rapidement dans l'ambiance/l'intrigue, et en quelques pages le bouleverser, l'amuser, le terrifier ou le faire rêver, mais surtout réussir à le surprendre.

Tonino Benacquista maîtrise cet art et nous le prouve avec son recueil de nouvelles Tout à l'égo rebaptisé La boîte noire et autres nouvelles lors de sa parution en folio. L'auteur s'intéresse au thème du secret, traité à chaque fois de manière complètement différente. 

Alors n'hésitez plus, mettez-vous aux nouvelles !

La boîte noire et autres nouvelles de Tonino Benacquista aux éditions Folio, 2€.

samedi 11 mai 2013

Nos gloires secrètes de Tonino Benacquista


Douze ans après Tout à l'égo (La boîte noire et autres nouvelles), Tonino Benacquista nous revient avec un nouveau recueil de nouvelles.

L'auteur s'intéresse au cours de ces six histoires à la part d'ombre de ses personnages. Si en apparence, ces derniers semblent être des individus ordinaires à la vie quotidienne assez banale, en réalité, il n'en est rien. Chacun d'entre eux possède "sa gloire secrète", qu'il s'agisse du meurtrier de la rue des Cascades, du vieux parfumeur enfermé dans son appartement ou encore de l'enfant mutique de Patience d'ange, chacun possède une vie intérieure plus complexe qu'il n'y paraît.

Une réflexion intéressante sur ce que nous donnons à voir et ce que nous sommes réellement. Tout en humour et en tendresse, Tonino Benacquista nous embarque dans six voyages dont l'issue se révèle souvent inattendue!



Nos gloires secrètes de Tonino Benacquista aux éditions Gallimard, 17,90€

En crachant du haut des buildings de Dan Fante


13E Note,  un éditeur que l'on apprécie beaucoup au Livre et la Tortue, publie ce mois-ci dans sa collection de poche "pulse" le roman de Dan Fante : En crachant du haut des buildings.


L'auteur met en scène le personnage de Bruno Dante, un looser complet fraîchement (ou pas) débarqué à New-York City deux jours plus tôt. Il est alcoolique, il est écrivain, il vit au jour le jour et il est surtout sans un sou ! Il se rend donc dans une agence d'intérim à la recherche d'un boulot, il va en trouver, et pas qu'un !


L'anti-héro par excellence, attachant et un tantinet "borderline", Bruno nous fait traverser New-York de long en large à travers ses petits boulots et des litres de whisky.


En crachant du haut des buildings de Dan Fante, aux éditions 13e Note, 9,50€

lundi 6 mai 2013

Impurs de David Vann


Avec ce nouvel opus de David Vann, nous quittons les forêts glacées de l'Alaska pour les vallées arides de la Californie.

Dans Impurs, nous suivons Galen, jeune puceau d'une vingtaine d'années, littéralement étouffé par sa mère avec qui il se rend quotidiennement dans la maison de retraite de sa grand-mère. Mère et fils reçoivent régulièrement la visite de "la mafia", une tante aigrie de jalousie et une cousine envers qui le jeune homme nourrit des fantasmes incestueux. Ces cinq personnages ont évidemment des personnalités bien plus complexes mais ce serait vous gâcher la surprise que de vous en dire plus. Ajoutons à cela son lot de non-dits, de frustrations et une cabane isolée pour les vacances, pas de doute, c'est bien du David Vann!

Après avoir été glacé dans Sukkwan Island, trempé dans les tempêtes de Désolations, après avoir lu des descriptions de migraine d'une réalité à couper le souffle... Aujourd'hui, nous sommes envoyés au bûcher, brûlés par un soleil de plomb, dans une atmosphère quasi psychédélique proche de la folie.

Impurs est certainement le plus dense des romans de l'auteur, on y est en constante ébullition et il est difficile d'en sortir indemne tant l'insoutenable côtoie l'immoral. Une chose est sûre, David Vann est un génie, il a l'art et le sens du drame familial!

A lire également Désolations, Sukkwan Island.

Impurs de David Vann aux éditions Gallmeister, 23,10€